Culture et cérémonies

La culture aborigène est l’une des plus anciennes de la planète.

Les premiers Européens qui n’avaient rien compris à la culture aborigène, les traitèrent de barbares et de sauvages.

La religion, l’histoire, la loi et l’art, sont intégrés dans des cérémonies complexes qui dépeignent les activités de leurs ancêtres, Jukurrpa* et ordonnent des codes de conduite et de responsabilités pour s’occuper du territoire et de tous les êtres vivants.

Les liens entre les gens et l’esprit de leurs ancêtres sont les totems. Chaque personne a son propre totem, qui peut prendre des formes aussi diverses que chenille, serpent, poisson, oiseau, etc. Il est interdit de tuer et/ou de manger l’animal de son totem, sauf en cas de famine.

La tradition aborigène est orale. Les chants et les histoires racontent le Jukurrpa (la Création), les ancêtres, etc. Récemment plusieurs histoires du Jukurrpa ont été publiées par des écrivains aborigènes, comme Joe Nangan’s Dreaming : Aboriginal Legends of the North-West de Joe Nangan & Hugh Edwards (1976); Visions of Mowanjum : Aboriginal Writings from the Kimberley, de Daisy Utemorrah (1980); et Gularabulude Paddy Roe & Stephen Muecke (1983). La culture et la tradition sont maintenant aussi véhiculées par la peinture.

Les chants expliquent comment le paysage “contient” les puissants ancêtres-créateurs, qui peuvent exercer une influence soit bienveillante, soit malveillante. Ils parlent du meilleur endroit et du meilleur moment pour chasser, et où trouver de l’eau lors de sécheresse. Ils peuvent aussi spécifier les liens de parenté et identifier le partenaire idéal pour un mariage. Il faut souvent refaire les rituels, afin de maintenir l’ordre établi par les ancêtres, leur redonner de l’énergie, les actualiser et se les approprier chaque fois plus.

Les jeunes hommes sont initiés graduellement, la pleine connaissance s’atteignant à l’âge mûr.

Il existe deux catégories principales de cérémonies sacrées. La première est l’étude des lois sacrées et des codes de conduite. La deuxième est en rapport avec la garantie de la continuité des espèces totémiques. Les participants peignent leurs corps et leurs visages avec des ocres de différentes couleurs, portent des coiffes et divers artifices comme des ceintures, etc. On parade avec armes et outils peints, durant des batailles feintes. Souvent des poteaux peints sont placés sur le site. En général, les femmes et les jeunes gens ne sont pas dans le secret des lieux et des objets sacrés.

Les chants sont accompagnés de clap sticks, didgeridoo et du rythme des danseurs. Ils sont très vivants et très animés. Le didgeridoo, appelé mako en aborigène, jouit d’un intérêt international. Cet instrument est originaire du Top End de l’Australie (cf. Arnhem Land). C’est un instrument à vent plus ou moins long, fait d’un petit tronc d’eucalyptus. Il est vide à l’intérieur, car mangé par les termites. Lorsque les Aborigènes vont couper un arbre pour fabriquer un mako, ils frappent le long du tronc pour s’assurer que c’est bien un arbre creux qu’ils vont couper. Malheureusement la commercialisation et l’exploitation du didgeridoo par les blancs a un effet désastreux sur l’environnement. Les fabricants déforestent illégalement, sans s’occuper des conséquences de la destruction de tant de jeunes eucalyptus. Si l’arbre est creux, il sera utilisé, autrement on le laissera pourrir sur place.

Les cérémonies traditionnelles sont toujours accomplies un peu partout en Australie.

*Jukurrpa est traduit en anglais par Dreamtime, époque du Rêve. Je préfère pour ma part ne pas traduire ce mot.